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Security Council - Meeting on the situation in the region of the Great Lakes

Date:

04/12/2017


Security Council - Meeting on the situation in the region of the Great Lakes

Statement delivered by Ambassador Inigo Lambertini, Deputy Permanent Representative of Italy to the United Nations, at the Security Council meeting on the situation in region of the Great Lakes ---

Merci,
Madame la Présidente.

Je voudrais remercier l’Envoyé Spécial du Secrétaire General, Mr. Djinnit, pour sa présentation. Nous saluons ses efforts, qui ont permis d’atteindre des résultats importants dans le processus de réforme et revitalisation des mécanismes de suivi de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération. L’engagement actif de la part des Gouvernements de la région montre l’efficacité de cet
instrument, aussi bien que l’existence d’une ownership croissante, qu’il faut encourager.

Madame la Présidente,

l’Envoyé Spécial nous a donné un cadre clair des défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui. La situation en RDC demeure
critique. Après avoir constaté l’impossibilité de régler les différends entre la majorité présidentielle et le Rassemblement de l’opposition, les évêques catholiques de la CENCO ont décidé de terminer leur médiation, que nous avons soutenue depuis le début et que nous saluons.

Afin de sortir de l’impasse, le Président Kabila vient de nommer un nouveau Premier Ministre, en provoquant la réaction de l’opposition, qui considère cette nomination un « non-évènement ». De plus, le Rassemblement a annoncé des manifestations de masse pour protester contre cette désignation.

Cela nous montre que l’Accord de la Saint-Sylvestre fournit la seule feuille de route possible afin de réaliser d’élections pacifiques, crédibles et inclusives aboutissant à une passation de pouvoir démocratique. L’ONU, quant à elle, a déjà démontré sa volonté de rester au côté du peuple congolais : ce Conseil vient de renouveler à l’unanimité, avec la résolution 2348, le mandat de la MONUSCO, de
manière à appuyer la mise en œuvre de l’accord du 31 décembre 2016 et le processus électoral.

L’année en cours peut marquer un tournant décisif dans l’histoire du pays. Nous voulons donc nous adresser aux forces politiques congolaises : il faut que les politiciens tant de la Majorité que de l’opposition fassent preuve de responsabilité, en reprenant
rapidement le dialogue. L’intérêt national et les inspirations du peuple doivent prévaloir.

De toute façon, le Conseil de Sécurité continuera à suivre de près et à vigiler attentivement les prochains développements.

La situation de la RDC demeure également critique du point de vue sécuritaire. L’Italie observe avec préoccupation la multiplication des foyers d’instabilité à l’intérieur du pays et demande la fin des violences contre les civils. La grave situation qui prévaut en particulier dans les provinces des Kasaïs a été condamnée d’ailleurs par l’ONU, l’UA, l’UE et l’OIF. Dans cette région, la récente découverte de fosses communes nous inquiète profondément.

Nous encourageons les autorités compétentes de la RDC à prendre toutes les dispositions nécessaires pour que des enquêtes approfondies soient menées afin de faire la lumière sur ces épisodes, tout en rappelant, comme l’a dit le Procureur de la Cour Pénale
Internationale, que ces violences pourraient constituer des crimes relevant de la compétence de la Cour. A cet égard, nous souhaitons aussi que tous les responsables de l’épouvantable assassinat des deux experts onusiens soient rapidement traduits en justice. Permettez-moi, Madame la Présidente, de pleurer, une fois de plus, la perte de Michael Sharp et Zaida Catalan, qui ont énormément contribué au travail du Comité des Sanctions 1533.

Pour continuer dans l’analyse du volet sécuritaire, il faut bien évidemment considérer la dimension régional. La résurgence du M23 et la persistance à l’Est des forces négatives telles que les ADF et les FDLR requièrent un renforcement de la coopération régionale,
pour que les résultats déjà acquis dans la lutte à ces mouvements ne soient perdus. Pour ce qui concerne la présence des rebelles sud-soudanais du SPLM-IO dans le nord-est du pays – une situation qui nous semble urgent résoudre – nous encourageons toutes les parties prenantes à approfondir le dialogue, en coordination avec l’Envoyé Spécial du Secrétaire Général.

La fragilité congolaise a aussi d’autres conséquences sur la région. Tout d’abord, l’instabilité chronique permet l’exploitation illégale et le trafic de ressources naturelles, en alimentant un cercle vicieux qui nourrit aussi les groupes armés.

En outre, l’instabilité ne cesse pas d’accroître le nombre de réfugiés dans la région. Au-delà de la frontière traditionnelle de l’Est de la RDC, où l’Ouganda est devenu le principal récepteur de réfugiés, on assiste aujourd’hui à de nouveaux flux. Afin d’offrir son soutien aux populations dans le besoin dans la région des Grands Lacs, l’Union Européenne a annoncé hier un nouveau financement de 32
millions d’euro.

Mais l’aide internationale n’est pas suffisante. A notre avis, il faut encourager les pays de la région à adopter des stratégies coordonnées censées promouvoir des solutions durables, tout en rappelant l’importance des obligations de la Convention
relative au statut des réfugiés et le Protocole s’y rapportant.

Bien que la RDC soit le pivot de la stabilité régionale, il y a aussi d’autres situations que le Conseil doit considérer. Je vais toucher brièvement la situation au Burundi, seulement pour réitérer notre appel au pays de la région, qui jouent un rôle incontournable dans le dialogue inter-burundais. Le processus de médiation dirigé par la Communauté d’Afrique de l’Est représente, au moment actuel, l’instrument le plus important à notre disposition, mais cela nécessite de l’appui des puissances régionales pour avancer.

En conclusion, la complexité des problèmes en RDC et dans la région requiert une approche multidimensionnelle, qui est fournie par
l'Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région. Cela constitue un mécanisme vital pour la stabilité de cette partie du continent africain.

Tout en assurant notre soutien à l’Envoyé Spécial dans ses efforts de réforme de cet Accord-cadre, nous encourageons les pays de la
région à continuer à travailler pour le rendre plus efficace. En particulier, comme l’a dit aussi l’Union Africaine, nous les invitons à réactiver ses différents mécanismes, en vue de faire face aux derniers développements survenus sur le plan sécuritaire en RDC.

Merci, Madame la Présidente.


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